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Reportage :Le partage de la trithérapie au mouroir
19 photos
Photos : Serge Pagano
Textes : Marc Leras
Sa vie est suspendue à un colis postal venu de France. Dans sa chambre de l’hôpital La Rabta à Tunis, Foued ne dispose que de ce lien avec sa famille qui vit à Paris pour soigner l’infection qui lui ronge le sang. La trithérapie, traitement des "riches" contre le VIH, n’est pas disponible à l’assistance publique tunisienne. Grâce à l’association AIDES, son père lui envoie régulièrement trois mois de traitement. Charge à lui de tenir avec ça. Sans avoir effectué de test, qui n’existe pas en Tunisie, pour connaître sa charge virale, toutes les huit heures il prend ses médicaments au jugé, apprenti sorcier de son propre corps.

Foued a appris sa séropositivé après trois mois de détention, alors qu’il purgeait une peine de quatre ans à la prison civile de Tunis pour détention et usage de haschisch. Il a été fiché au ministère de l’Intérieur et au ministère de la Santé, comme les quatre-vingts cas annuels officiels de Sida que compte la Tunisie. Il n’existe d’ailleurs que huit cents cas de personnes séropositives dans tout le pays. Les fourchettes officieuses vont jusqu’à multiplier ce chiffre par dix.
Dans le service des maladies infectieuses de l’hôpital La Rabta. Il partage sa chambre où nul n’ose entrer avec un autre malade, qui est lui en phase terminale, Belhamid, "le bombardier de Tunis". Cet ancien boxeur de 40 ans, a contracté la maladie alors qu’il était héroïnomane en France et en Espagne. Aujourd’hui, il baigne dans ses excréments que le personnel se refuse de nettoyer par peur, ignorance des modes de contamination et superstition.

La dernière lueur qui transperce ses yeux de cadavre apparaît quand Foued partage avec lui les pilules de la vie, en lui offrant un mois de sa trithérapie envoyée de France.

"Pour les Tunisiens, le Sida est lié à la délinquance, à la toxicomanie, à la prostitution", surenchérit un interne, membre de l’association créée par de jeunes médecins, "Amal (espoir) Sida". "La plupart des malades perdent leur travail et sont reniés par leur famille, condamnés doublement par le virus et par la société. Ils sont violemment rejetés par notre culture arabo-musulmane qui y voit un châtiment de Dieu. Nous devons avant tout travailler à changer les mentalités".
Nom
République Tunisienne
Régime
République à pouvoir présidentiel fort avec un régime multipartiste naissant
Président
Zine El Abidine Ben Ali
Villes principales
Tunis(Capitale)
Sfax, Sousse, Kairouan
Population
8.7 millions (1994) 9.2 millions (1997)
Langues
Arabe Français(utilisé), Anglais et Italien
Religion
islam (existance de communautés juive et chrétienne)
Monnaie
Dinar tunisien
(1 dinar = approx. 1,1 $ US)
Le 30/08/00 Belhamid, ancien boxeur de 40 ans, partage la chambre de Foued. Ancien toxicomane, "Le Bombardier de Tunis", comme on l'a surnommé, n'est plus qu'un squelette de 30 kg. Il est en phase terminale.
 
   
Le 30/08/99 Belhamid, ancien boxeur de 40 ans, partage la chambre de Foued. Ancien toxicomane, "Le Bombardier de Tunis", comme on l'a surnommé, n'est plus qu'un squelette de 30 kg. Il est en phase terminale.La dernière lueur qui transperce ses yeux apparaît quand Foued partage avec lui les pillules de la vie: "la trithérapie".
 
   
Le 30/08/99 Foued est porteur du V.I.H., il a 32 ans. Sa vie est suspendue à un colis postal. Son père lui envoie régulièrement 3 mois de traitement à la trithérapie grâce à AIDES.
 
   
Le 30/08/99 Foued est porteur du V.I.H., il a 32 ans. Il a contracté la maladie il y a dix ans à Paris alors qu'il était toxicomane. Aujourd'hui, il s'est réfugié à l'hôpital la Rabta après sa sortie de prison pour détention et usage de haschich.
 
   
Le 30/08/99 Dans la chambre de l'hôpital, Belhamid, sous le regard protecteur de Foued, attend que celui-ci vienne le faire manger.
 
   
Le 30/08/99 Foued s'apprête à faire manger son ami Belhamid à l'hôpital la Rabta.
 
   
Le 30/08/99 Foued fait manger son ami Belhamid en plaisantant sur le festin qui lui est servi.
 
   
Le 30/08/99 Poussés par l'instinct de survie, les deux malades se respectent et s'apprécient. Foued est très attentif aux besoins de Belhamid.
 
   
Le 30/08/99 Poussés par l'instinct de survie, les deux malades se respectent et s'apprécient. Foued est très attentif aux besoins de Belhamid.
 
   
Le 30/08/99 Poussés par l'instinct de survie, les deux malades se respectent et s'apprécient. Foued est très attentif aux besoins de Belhamid.
 
   
Le 30/08/99 "Je préférerais mourir, je ne peux plus bouger. Il y a 4 mois que je ne suis pas sorti de ce lit, pour moi il n'y a plus d'espoir. Quand je regarde devant moi, je vois tout noir, je ne vois que la souffrance et la mort."
 
   
Le 30/08/99 Dans le quartier du souk, dès qu'il le peut, Foued vient se changer les idées.
 
   
Le 30/08/99 "C'est mon bol d'air, je me change les idées en me baladant, je fais comme si rien ne m'était arrivé. Je vis, quoi!" Foued, quartier du souk.
 
   
Le 30/08/99 Foued, séropositif, roule une cigarette dans une rue de la ville.
 
   
Le 30/08/99 Foued, porteur du V.I.H., se promène dans le quartier du souk. C'est dehors qu'il retrouve la vie et les sensations d'un être humain comme les autres.
 
   
Le 30/08/99 Foued, séropositif, se promène dans le quartier du souk.
 
   
Le 30/08/99 Foued, porteur du V.I.H., dans le quartier du souk se regarde dans un miroir. Il est resté là comme paralysé par le reflet de lui-même.
 
   
Le 30/08/99 Foued est séropositif; Quand il sort de l'hôpital, il aime prendre un thé dans le quartier du souk.
 
   
Le 30/08/99 Après sa balade, Foued, porteur du V.I.H., retourne à l'hôpital la Rabta.