Les affrontements du début de la seconde Intifada, en octobre 2000, étaient d’une violence intense, surtout lorsqu’il s’agissait de balles réelles ou de gaz lacrymogènes. Des adolescents y participent, parfois en première ligne, avec pour seule arme des pierres. Ces enfants sont envoyés par leurs parents à l’école et eux partent aux check-points comme un jeune français irait manifester sans avis parental. Certains ont été gravement blessés, d’autres sont morts et sont devenus des martyrs. En octobre 2000, un enfant de 13 ans, Moiad al-Jawarish a été tué à Aida camp, Bethléem. La nouvelle est tombée une fin d’après-midi assez calme et tout d’un coup de nouveau le chaos, les ambulances, les tirs…Gravement blessé, il a été transporté à l’hôpital de Beit Jala. La balle qu’il a reçue en pleine tête lui aura été fatale. Il a été touché à la tête, alors qu’il rentrait de l’école, son cartable sur le dos. Il n’était pas sur un check-point et sa mort n’a rien à voir avec une manifestation. Moiad n’est pas mort pour avoir jeté des pierres, mais tout simplement sur le chemin de l’école. Quelques mois plus tard, Moiad était considéré comme un martyr et son portrait était placardé partout dans la ville.
En février 2001, la situation allait de pire en pire. Le Millenium, Jubilé de l’an 2000, fut un échec : la Terre Sainte n’a pas pu accueillir les foules de pèlerins tant attendues. Le chômage explosait. Les palestiniens étaient très limités dans leurs déplacements et étaient passibles d’emprisonnement pour n’importe quelle raison, avec souvent des coups violents.
En échange de leur libération, ils doivent payer des cautions allant jusqu’à 80 000 euros, l’équivalent de plusieurs mois de salaire.
Dans le même temps, la situation dans la bande de Gaza devenait terrifiante. Les conditions de vie sont extrêmes. Trouver de la nourriture est devenu un exploit quotidien. L’interdiction de se rendre en Israël pour travailler à plonger des milliers de familles dans la misère. Certains palestiniens continuent pourtant de se rendre en Israël pour y gagner quelques shekels, mais depuis le mois d’octobre 2000, ils sont soumis à des contrôles aux nombreux check-points qui barrent les routes. Toutes ces heures perdues en tracasseries les font arriver avec des retards qui peuvent les faire licencier. Cela ne semble pas perturber Israël, qui fait venir une nouvelle main d’œuvre d’Europe centrale et plus particulièrement de Roumanie pour remplacer les travailleurs palestiniens.
Partout dans les territoires occupés la vie quotidienne est difficile. Les témoignages sur la peur au jour le jour, la menace des tirs qui peuvent tuer à tout moment jusqu’à l’intérieur des maisons, la peur de sortir, se conjuguent avec le manque de nourriture et d’eau. Les maisons sont humides car durant l’hiver, les soldats de Tsahal avaient percé les réserves d’eau placées sur les terrasses au-dessus des maisons et l’eau s’est depuis infiltrée dans les murs. Tout a commencé à verdir, les vêtements comme les objets, sans parler des enfants enrhumés continuellement.
Deux ans plus tard, les informations montrent que la situation n’a fait malheureusement qu’empirer.
Nom : territoire palestinien
Capitale : Jérusalem (non reconnue par la communauté internationale)
Superficie : 6 257 km²
Population : 2,67 millions
Religion : musulmans sunnites majoritaires
Langue : arabe
Habitants : palestinien(ne)s, cisjordanien(ne)s
Principales villes : Bethléem, Gaza, Ramallah
Le territoire palestinien couvre 13,5 % de la Cisjordanie et 70% de la bande de Gaza