Du Caire à Alexandrie, l’Egypte des villes
Villes mythiques, le Caire et Alexandrie ne trahissent pas leur réputation. La cité la plus peuplée d’Afrique et la capitale de Cléopâtre vivent aujourd’hui dans la recherche de leur lustre passé. Centre religieux, philosophique et politique du monde arabo-musulman, le Caire est aussi une cité où le promeneur passe du moyen âge au monde contemporain en traversant quelques rues. L’âne côtoie la voiture et le métro, et la population des bidonvilles périphériques se mêle à celle des beaux quartiers du centre-ville ou d’Héliopolis. Sur les marchés, la foule dense se presse au cœur d’un concert de klaxons, car le Caire ne connaît pas le silence. Ou seulement à l’intérieur de l’une des nombreuses mosquées, dont celle d’El Azhar, dont le recteur est la plus haute autorité spirituelle sunnite. Du haut de la citadelle, la vision panoramique qui pousse jusqu’aux pyramides de Guizeh, entre urbanisation et désert, permet de mesurer l’ampleur de la poussée démographique et de l’exode rural qui ont conduit à la mégapole d’aujourd’hui.
Léchée par la Méditerranée et plus provinciale, Alexandrie rêve à ses mythes et au grand fondateur de la cité. Depuis les remous du Nasserisme et des guerres contre Israël, Arméniens, Italiens, Juifs, Grecs et Français ont quitté la région. Mais ils ont laissé derrière eux un parfum et une nostalgie de cosmopolitisme qui fait le charme de cette ville immense, dont la corniche s’étend sur plus de 20 kilomètres en bord de mer. L’édification, avec des fonds internationaux, de la nouvelle bibliothèque, les recherches sur l’ancien phare et le projet de tourisme sous-marin sur les sites engloutis, pourraient donner une nouvelle jeunesse à la cité d’Alexandre, qui est surtout pour l’heure une cité balnéaire surpeuplée l’été. Mais il faudra pour cela que l’Egypte se penche sérieusement sur les questions d’environnement et abandonne son projet de pont traversant la rade qui vit la mort de Marc-Antoine et de la dernière reine de l’Egypte antique.